Natalie LamotteNatalie Lamotte A chaque instant, alors, on s'attend à les voir exploser, pour cracher sur la toile le bouillonnement qu'elles semblent contenir.
Natalie Lamotte

Jean-Paul GAVARD-PERRET, Natalie lamotte, le rouge pour tout dire, 2013

2013-Jean-Paul-Gavard-Peret-Natalie-Lamotte-Le-rouge-pour-tout-dire.pdf (299.77 KB) NATALIE LAMOTTE : LE ROUGE POUR TOUT DIRE par Jean-Paul GAVARD-PERRET Je ne veux plus souffrir, je veux encore des jours -Rouge songe –  mais qui pourtant fait le poids  de sa masse – servant d’appel jusqu’à vouloir le toucher, là où il semble parfait tout en n’étant pas à sa place. Rouge pour tout dire et pour tout montrer. D’où vient que sa violence apaise ? Rouge qui enlève aux os leur chagrin. Comme si du corps sortaient les images les plus sourdent pour épeler la destinée. Rouge séparé du corps mais consubstantiel à lui dans l’immensité de neige de la toile. Demeure la longue attente vaine et vivante. Rouge jeté dans la vie et qui dans ses masses accepter notre limite et le peu qu’on est. Rouge sacrificiel mais tout autant de l’accomplissement. Il fait aimer la vie. Le songe qu’il induit remplace l’existence pour que s’en comprenne le sens et le centre. Rouge plus d’âme que de cœur. S’approchent une forme de réalité et une forme de volupté particulière. Natalie Lamotte ne produit pas du fantasme. Ce qu’elle voit et fait remonter reste plus important. Elle expose (à) l’inavouable sans rien exhiber. Demeure la chair nue au sein de l’hallucination engendrée. Elle va jusqu’à la brisure des phrases en ce qui est dévoilé au-delà du simple effet de peau.La violence se fait douceur, la chair une spiritualité. Rouge Absence car habituellement il ne se voit pas. Mais qui fait le corps au « fond ». L’artiste nous rend au devoir de le regarder. Corps lointain et proche : il permet de retrouver une force face à la folie des jours.  Rouge qui s’enfente en toute pudeur. Il déborde le corps jusqu'à le faire saillir pour que l’âme en jaillisse. Recommencer à être. Entendre en lui l’air vibrant dans la chair. Et tenir par des petits bouts d’amour, leurs fragments ou leurs ruines. Quelque chose de violent pour cette part obscure.  Sentir la voix qui sort, qui troue la langue et la défait. >Rouge des aveux. Mais de ceux qui ne font pas rougir sur le clavier des songes lorsque l'horizon pâli.  Car c’est de ce sang là qu’on vit. Rouge donc pour tout dire, pour conjurer le sort. Rouge matière du sens qui échappe et que la peinture accouche. Rouge chimère comme le regard dans l’amour. Il donne au temps une éternité et touche au plus obscur noyau pour le révéler. Ce n’est pas la réalité mais plus. Le trouble en lui ruisselle - qu'attendons-nous encore pour savoir de quoi il est fait ?

2009-T09, 100x100cm, acrylic on canvas 2009-T10,195x130cm,acrylic on canvas 2009-T14, 195x130cm, acrylic on canvas

Natalie Lamotte